carte de la Tchéquie

carte de la Tchéquie

mercredi 24 février 2010

LA MAISON DE TUCHOMERICE : LE RECIT DE PAVOL


Tuchomerice, vue satellite (cliquer sur l'image pour l'agrandir).


Pavol accepte bien volontiers, en ce début de l'année 2010, de nous faire le récit de son expérience, comme un cadeau qu'il nous remettrait.

.Pavol est à Hautecombe, en 1994, avec plusieurs frères de Tchéquie (lui-même est Slovaque) au service d'une session cana. Il croise dans un couloir Kamil Novak (qui est Tchèque) se dirigeant vers la chambre de son accompagnateur, et Kamil lui semble être dans la désolation (selon saint Ignace).

Pavol décide alors avant de s’endormir de prendre un temps de prière en pleine nuit .

« Moi j'ai prié, et j'ai reçu une image dans la prière. Ce n'est pas un rêve, c'est une image dans la prière. J'ai vu une maison, une grande maison, comme une maison de jésuites. C'était impressionnant, j'avais l'impression de voler autour, à une grande hauteur, et ainsi j'ai vu la maison en perspective, comme on ne peut pas la voir même à la fenêtre d'un étage. C'était un bâtiment carré, très grand, avec quatre côtés autour d'une cour, avec la chapelle dans un coin, et un arbre qui dépassait les toits. En même temps j’ai pensé « c’est notre château, c’est notre maison », un peu 'l'image tchécoslovaque', celle que chacun a de sa maison comme un château, avec un arbre planté dans la cour.

Je raconte à Kamil, qui raconte à Laurent.

A l'époque, le cardinal de Tchéquie voulait accueillir la Communauté... »

Kamil demande à Pavol de faire un dessin de ce qu'il a « vu ».Petr Seyfried va l'aider dans sa démarche, quoique Pavol ait fait des études d'architecture, il a beaucoup de difficultés à réaliser un dessin ; Petr et lui font plusieurs essais, et même se chamaillent comme des enfants, pour finalement garder un seul dessin, plutôt une ébauche, c'est celui qui est le plus proche de la vision.

C'est celui que François Cartier aura sur lui lorsqu'il viendra à Prague, et il avoue n'avoir pas osé sortir ce dessin devant le cardinal. Mais il a bien reconnu la maison en arrivant de l'aéroport.

A quelque temps de ce dessin, les frères de Tchéquie sont venus faire une session Cana à Prague ; il y a là Martin Rekusek, Petr Seyfried, Kamil Novak. La session a lieu dans une maison qui sert aussi de colonie de vacances. Cette année là, on ne se rappelle pas exactement la date, peut-être 1997, un couple participe à la session et participera ensuite à la colonie de vacances qui se tient juste après ; cet homme et sa femme perdront la vie en se noyant dans la rivière, en construisant un bateau pour les enfants.

Certains frères ont vu dans la ville de Prague un monastère que les soeurs désirent céder à la Communauté. Ils voient là un signe, mais Pavol ne reconnaît pas dans cette maison de petite taille, avec des cellules étroites, des portes basses au point qu'il faut se courber pour les franchir, et des fenêtres grandes « comme un A4 »(sic), la maison de sa vision, malgré l'insistance de certains des frères. Il est persuadé que la maison en question a le style d'une maison de jésuites, avec de grandes dimensions et de grandes fenêtres.

Ils se promènent dans Prague, à la recherche de cette maison, mais ne trouvent rien de comparable.

C'est alors que Josef Rendl, qui travaille avec sa femme à l'archevêché, parle d'une maison que l'Etat propose au diocèse, mais qu'il juge inapte à être utilisée par la Communauté, c'est tout juste s'il ose en parler, tant cette grande maison lui paraît délabrée et inhabitable.

Cependant Christophe (Jakob), Martin, Kamil, et Pavol montent dans une voiture avec Josef pour aller sur place. Pavol nous dit : « C'était impressionnant, tout ce que j'imaginais, tout ce que j'avais raconté, tout ce que j'avais vu dans une image, tout était là, tout ce que j'avais partagé à Petr : les grands bâtiments autour d'une cour, la profondeur, la chapelle dans un coin, les arbres qui dépassaient le toit... et dans la chapelle il y avait même un portrait de Saint Ignace ! Je reconnais tout, et pourtant les abords et la cour sont une vraie forêt vierge. » On apprendra ensuite que ce monastère, au XVIIème siècle abritait une communauté de jésuites.

Et cela se produit à l’occasion d’une session Cana.

Marika dit ensuite quelques mots sur Bilavoda, sur la particularité du lieu et de sa situation, presque à la frontière avec la Pologne, sur les religieuses qui habitaient cette maison et leur martyre.

Pavol ajoute qu'il a fait là la première session Cana qui s'y soit déroulée, il a été impressionné par le cimetière où plus de 700 tombes abritent des religieuses. La soirée réconciliation était proposée simplement au cimetière, dans le silence... Il en garde un grand souvenir.